Le tai-chi, qu’est-ce que c’est?
Le tai-chi, avec plusieurs autres techniques, fait partie des Approches corps-esprit. Une fiche complète présente les principes sur lesquels se fondent ces approches, ainsi que leurs principales applications potentielles. |
Indications
Réduire le risque de chute et améliorer l’équilibre des personnes âgées. Aider au contrôle de l’hypertension et réduire les risques de maladies cardiovasculaires. | ||
Améliorer les capacités fonctionnelles des femmes ayant surmonté un cancer du sein. Améliorer le sommeil des personnes âgées. Améliorer la capacité aérobique. Promouvoir la santé mentale. Améliorer la capacité pulmonaire. Réduire certains symptômes de l’arthrite rhumatoïde. Soulager l’arthrose du genou. | ||
Aider au contrôle de l’hypertension des personnes âgées. Réduire l’ostéoporose. Réduire les symptômes de la fibromyalgie. Contribuer à contrôler le diabète. Aider à diminuer les symptômes de la maladie de Parkinson. Aider à la prise en charge du poids des femmes obèses. |
Une branche de la médecine chinoiseDérivé des arts martiaux, le tai-chi est une discipline corporelle d’origine chinoise comportant un ensemble de mouvements continus et circulaires exécutés avec lenteur et précision dans un ordre préétabli. Il met aussi l’accent sur la maîtrise de la respiration. La pratique vise entre autres à améliorer la souplesse, à renforcer le système musculosquelettique et à maintenir une bonne santé physique, mentale et spirituelle. Selon ses adeptes, grâce à son côté méditatif et à l’extrême précision des gestes, le tai-chi permettrait d’apaiser le mental et d’améliorer la concentration, la vivacité d’esprit et la mémoire. Il favoriserait aussi une meilleure prise de conscience de soi et de son environnement et contribuerait à harmoniser le Qi.
Pour en savoir plus, consultez aussi notre section Médecine chinoise 101. |
Pour bien saisir ce qu’est le tai-chi, il faut savoir qu’il forme, avec le Qi Gong, l’une des 5 branches de laMédecine traditionnelle chinoise (MTC) : celle des exercices énergétiques. Les 4 autres branches sont l’acupuncture, ladiététique chinoise, la pharmacopée chinoise (herbes médicinales) et le massage Tui Na. Il faut donc aborder le tai-chi dans le contexte plus large de la MTC qui est présentée dans la fiche du même nom.
Le tai-chi est aujourd’hui considéré comme une « gymnastique énergétique globale ». Notons que le Qi Gong se distingue du tai-chi par ses mouvements plus courts et isolés qui peuvent parfois être exécutés en position couchée, tandis que le tai-chi est essentiellement pratiqué en posture verticale.
Une technique de combat secrète
Au cours des siècles, la société chinoise, régulièrement menacée par des guerres frontalières et intérieures, a développé une solide tradition martiale. Le tai-chi était au départ une technique de combat transmise oralement, de maître à élève, dans le plus grand secret au sein de familles de paysans. Son origine demeure difficile à déterminer, histoire et mythe étant inextricablement liés. Toutefois, plusieurs auteurs accordent à Zhang Sanfeng, un moine chinois ayant vécu au XVIe siècle (ou peut-être au XIIe siècle), d’avoir créé les 13 postures de base du tai-chi. On dit que Sanfeng se serait inspiré d’un combat entre un oiseau et un serpent pour concevoir les enchaînements. Le serpent aurait triomphé grâce à sa lenteur, à sa souplesse et à ses mouvements arrondis qui donnèrent peu d’emprise à son adversaire.
De technique de combat à gymnastique
Au fil des années, la technique du tai-chi s’est beaucoup simplifiée et adoucie, même si certains maîtres ont continué à transmettre les notions martiales traditionnelles (par exemple, la connaissance des points vitaux mortels). En 1976, lors de la réouverture des universités en Chine, on a assisté à un changement majeur. Le tai-chi est alors devenu une discipline accessible à la masse et enseignée dans les programmes d’éducation physique universitaires. Il a perdu en grande partie sa composante énergétique (travail du Qi). Pour sa part, le Qi Gong s’est intégré aux programmes de médecine. Les 2 disciplines ont cependant conservé une visée thérapeutique. De nos jours, des millions de Chinois pratiquent quotidiennement le tai-chi, en particulier les aînés, mais plusieurs s’y adonnent pour des raisons de développement intérieur, qui vont bien au-delà de l’entraînement physique. Il a été introduit en Amérique du Nord au début des années 1970.
Ralentir avant tout
Le tai-chi ne s’apprend pas en deux temps, trois mouvements... Il nécessite persévérance, rigueur et assiduité si l’on veut bénéficier de ses effets positifs. On recommande de s’exercer de 15 à 20 minutes, 2 fois par jour. Selon Francine Tellier, une maître de tai-chi formée en Chine, la difficulté initiale pour les débutants est d’apprendre à ralentir. En effet, c’est l’extrême lenteur d’exécution qui permet de déceler les blocages et de sentir le courant énergétique. De plus, la prise de conscience du transfert, lent et précis, du poids du corps d’une jambe à l’autre et le jeu d’alternance des bras et des jambes concrétisent parfaitement la pensée chinoise basée sur l’équilibre dynamique des forces du Yinet du Yang.
Vlady Stévanovitch, qui a élaboré sa propre méthode, affirme que c’est en observant la position des mains que l’on peut déterminer la qualité des mouvements du pratiquant. Durant les enchaînements, ce sont les mains qui guident les déplacements et qui captent et dirigent l’énergie afin que le corps trouve son appui dans le Tan Tien, le centre de gravité situé un peu en bas du nombril. L’essence du tai-chi réside dans la recherche de l’équilibre des deux pôles de l’énergie, le Yin, issu de la terre, et le Yang, issu du ciel.
Tai Ji, Tai Chi, Taichi, Quan, Chuan?
En 1958, lors de l’instauration du pinyin (le système de transcription phonétique de la langue chinoise), c’est la graphie Tai Ji Quan qui a été adoptée. Depuis, plusieurs autres ont été approuvées, par exemple tai-chi, taï chi, taichi et tai-chi-chuan.
L’expression Tai Ji Quan se compose de 3 idéogrammes, dont les deux premiers signifient littéralement « faîte suprême » et incluent à la fois des notions d’équilibre dynamique et de but à atteindre. Le troisième caractère, Quan, signifie « poing » ou « combat à mains nues », et incorpore la dimension des arts martiaux. Les 3 caractères peuvent donc se traduire par combat suprême avec un adversaire ou avec soi-même.
Applications thérapeutiques du tai-chi
Beaucoup d’études rendent compte des bienfaits de la pratique du tai-chi pour diverses affections. Cependant, on constate souvent dans les études un manque de cohérence, un nombre insuffisant de participants et diverses lacunes méthodologiques. Cela explique en grande partie que son efficacité ne se classe le plus souvent que comme possible ou incertaine.En 2010, une autre revue systématique, incluant quelques nouvelles études, a toutefois conclu que l’efficacité de tai-chi n’était peut-être pas aussi grande qu’on l’avait cru jusqu’à présent.
En 2009, une revue systématique a spécifiquement évalué l’effet du tai-chi auprès de patients atteints de maladies cardiovasculaires. Trois études cliniques aléatoires, réalisées chez 208 patients souffrant de maladie coronarienne ou d’insuffisance cardiaque, ont observé une amélioration de la qualité de vie, une diminution de la tension artérielle systolique et diastolique et une augmentation de la capacité d’exercice de ces patients. Les auteurs laissent entendre que le tai-chi peut être une thérapieadjuvante bénéfique.
Selon les auteurs de la revue, en raison du peu d’études, on ne peut savoir avec certitude si le tai-chi améliore ou non les conditions de vie des survivantes du cancer du sein. Ils font tout de même remarquer qu’il semble plausible qu’il soit bénéfique puisqu’il comporte diverses composantes ayant déjà démontré une certaine efficacité (exercice, concentration, etc.). Mais il faudra d’autres études pour s’en assurer.
En 2009, une méta-analyse a évalué l’effet du tai-chi pratiqué sur de courtes périodes (de 12 à 16 semaines). Cette pratique du tai-chi n’a pas amélioré la capacité aérobique en comparaison avec un groupe sédentaire et n’a pas été supérieure à la pratique d'exercices physiques classiques.
En 2010, une petite étude pilote a évalué l’effet de 12 semaines de tai-chi chez 10 patients souffrant de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) modérée à grave16. Les patients ont été divisés au hasard en 2 groupes : un groupe exercice (1 heure de tai-chi, 2 fois semaine) et un groupe témoin (soins standard). Les résultats montrent que le tai -chi, en complément aux soins médicaux standards, pourrait améliorer la qualité de vie, la fonction psychosociale et possiblement la capacité d’exercices.
Les chercheurs ont malgré tout constaté que le tai-chi pouvait procurer une amélioration de l’amplitude des mouvements des membres inférieurs, en particulier des chevilles. Ils soulignent également que le tai-chi n’aggrave pas les symptômes de l’arthrite rhumatoïde, ce qui peut survenir durant la pratique d’exercices plus intenses. Ces conclusions ont été corroborées par une petite étude pilote, réalisée en 2010 auprès de 10 patients. Après 12 semaines de tai-chi, les patients ont montré une amélioration de la fonction musculaire des membres inférieurs, de la condition physique, du niveau d’assurance dans les déplacements, de l’équilibre, et une diminution de la douleur ressentie durant l’exercice et dans les activités quotidiennes.
Depuis, une nouvelle étude clinique aléatoire a évalué les effets du tai-chi chez 82 femmes souffrant d’arthrose du genou. Après 6 mois de pratique, les auteurs ont observés une amélioration significative de la capacité musculaire d’extension du genou, une diminution de la crainte de tomber et une densité minérale osseuse de la hanche plus élevée chez les femmes pratiquant régulièrement le tai-chi, comparativement aux femmes du groupe témoin.
Aucune différence n’a été observée entre les 2 groupes en ce qui concerne l’indice de masse corporelle. Cependant, la masse grasse et le pourcentage de gras étaient inférieurs chez les femmes du groupe tai-chi comparé aux femmes du groupe exercices. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le tai-chi amène les femmes à faire des mouvements lents et des déplacements fluides, ce qui est plus facile à exécuter chez des individus sédentaires et les incite davantage à adhérer à l’activité. De plus, d’autres changements bénéfiques ont été observés sur la tension artérielle, la capacité fonctionnelle, l’humeur, et les signaux de satiété et de faim.
Le tai-chi en pratique |
Le nombre de mouvements dans un enchaînement complet varie de 24 à 48, et peut même atteindre 108, ce qui correspond à la forme originale du tai-chi. Il est cependant plutôt rare de trouver des maîtres qui enseignent selon les règles anciennes. La plupart ont réduit le nombre de figures afin de rendre l’entraînement plus accessible.Il existe plusieurs styles de tai-chi et plusieurs variations à l’intérieur de chacun d’eux. Certaines écoles visent surtout la prise de conscience de soi par une approche intérieure, tandis que d’autres favorisent les techniques de combat. La plupart des écoles ont toutefois abandonné leur intention martiale au profit du développement de la souplesse et de l'éveil du Qi.
Aucun organisme officiel ne réglemente l’enseignement du tai-chi en Occident. Bien qu’il existe des associations (voir Sites d’intérêt) qui veillent à transmettre l’enseignement des différents styles selon les règles de la tradition, de nouvelles techniques adaptées à la modernité continuent d’émerger.
S’initier
Les cours de tai-chi se donnent individuellement ou en groupe, généralement sur une base hebdomadaire, dans des centres spécialisés, des clubs sportifs, des YMCA ou des centres de loisirs.
En raison de la multiplicité des styles de tai-chi, il est conseillé de « magasiner » en posant beaucoup de questions ou en assistant à une séance à titre d’observateur afin de déterminer si le style (plus intérieur ou plus martial, par exemple) correspond à ce que l’on recherche.
Il est aussi possible de s’initier au tai-chi en consultant un livre ou une vidéo, mais c’est loin d’être l’idéal puisque, sans instructeur, il est difficile de vérifier l’alignement de la posture ou la justesse des mouvements.
Les principaux styles
En Chine, on reconnaît 5 grandes écoles, dont voici les 3 plus importantes.
L’école Chen. Cette école, qui est la plus proche des techniques de défense traditionnelles, est très présente en Chine, contrairement à l’Occident où elle est encore méconnue. Elle a été fondée au début du XVIIe siècle par Chen Wan Ting, un militaire. Les mouvements combinent une force explosive qui vient de l’intérieur et qui rappelle le tonnerre, à un style extrêmement fluide, souple et mouvant.
L’école Yang. Elle est issue de l’école Chen et est la plus populaire en Occident. Son créateur Yang Lu Chan (1789-1872) a mis au point des mouvements beaucoup plus amples que ceux de l’école Chen.
L’école Wu. Elle est également peu connue en Occident. Wu Jian Quan (1870-1942), son créateur, a enseigné la technique à l’École militaire, puis à la Grande école d’éducation physique de Pékin. Son programme d’entraînement comporte des mouvements plus serrés et nécessite d’adopter un angle oblique tandis que les styles Chen et Yang se pratiquent le tronc droit.
Formation en tai-chi
La plupart des écoles décernent des certificats attestant que les personnes satisfont à leurs exigences particulières. Avant de se lancer, il est bon de demander des références et de poser le maximum de questions sur le code d’éthique, les professeurs, leur expérience, leur formation, etc.Il n’existe pas d’organisme officiel qui accrédite les professeurs de tai-chi. Toutefois, en France, depuis quelques années, un Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport, (DE JEPS) en Arts énergétiques et martiaux chinois, accrédite une formation offerte par la Fédération Française de Wushu, arts énergétiques et martiaux chinois (voir Sites d’intérêt).
